Mini-kit de réactifs chimiques

Les membres de l’atelier chimie ont confectionné pour les sociétaires un kit de 4 réactifs incontournables pour aider à la détermination des espèces.

En effet, certains champignons réagissent lorsqu’on leur applique un produit sur la cuticule, sur les lames, sur la chair ou le stipe (et même sur une zone précise du stipe comme la base). Un changement de couleur s’opère plus ou moins vite.

Sur cet exemple, nous avons appliqué sur le stipe de russules deux réactifs différents. L’un produit une coloration bleu ciel, l’autre une coloration rouge-groseille.

Quelques précautions sur les réactifs en général et leurs conditions d’utilisation.

  • Les réactifs doivent être en bon état. Certains réactifs ont une durée d’efficacité assez courte (le sulfate de fer par exemple, et il convient de les renouveler souvent. On peut effectuer un test préalable sur une espèce que l’on connaît bien et dont on prévoit la réaction avant d’appliquer le réactif sur un sujet d’étude. Ce test préalable nous indique à coup sûr si le réactif est encore efficace.
  • Certains réactifs sont nocifs, voire mortels (TL4 par exemple, qui contient une molécule que l’on utilise pour la mort aux rats). D’autres, contenant de l’alcool ou d’autres substances sont inflammables. Les manipuler avec précaution. Il vaut mieux ne pas avoir de contact avec la peau, ne pas les respirer (les vapeurs d’ammoniaque par exemple sont nocives).
  • Ne pas verser les réactifs sur les champignons, mais utiliser la tige en plastique ou en fer pour “gratter” la partie du champignon que l’on veut faire réagir.
  • Choisir des espèces adultes mais pas trop vieilles, ni trop sèches, ni gorgées d’eau.

Observations et interprétations

4 facteurs sont importants à prendre en compte :

  • La zone du champignon à tester,
  • La vitesse de la réaction, notée avec ces adjectifs :
    • immédiate,
    • rapide (quelques secondes),
    • normale (1 minute environ),
    • lente (2 à 15 minutes)
    • tardive (30 minutes ou plus),
  • L’intensité de la réaction , notée ainsi :
    • – ou 0 pour une réaction nulle,
    • + réaction positive mais faible
    • ++ réaction plus nette
    • +++ réaction forte,
  • La subjectivité de l’observateur, comme par exemple concernant la couleur, qui ne sera pas forcément qualifiée de la même manière selon le déterminateur.

Les réactifs du kit

Le kit se présente sous la forme de quatre petits flacons avec un bouchon muni d’une palette soit en plastique, soit en métal pour gratter la partie du champignon à tester.

Ils sont protégés dans une petite boite en mousse.

Dans l’ordre, de gauche à droite :

  • Ammoniaque pure, notée A
  • Gaïac à 10% dans de l’alcool, noté G
  • Soude à 10%, notée Na,
  • Sulfate de fer, noté Fe.

L’ammoniaque

Le gaz ammoniac de formule NH3 est en solution aqueuse. La solution est basique puisque la combinaison avec les molécules d’eau donne NH4OH.

Le gaz est irritant, c’est un réactif à utiliser avec précaution. On applique en général du produit sur la zone à tester, mais on peut aussi tenter de faire réagir le zone avec les vapeurs qui se dégagent de la solution.

On utilise ce réactif pour l’étude des Xerocomus et d’autres genres. On peut remarquer par exemple une réaction rose violacé sur les tubes de Daedaleopsis confragosa.

L’ammoniaque ne se conserve pas très longtemps car il s’évapore assez facilement dans l’air, et régit avec le gaz carbonique de l’atmosphère, donnant à la longue un précipité de carbonate d’ammonium.

Le gaïac

Le produit est issu de l’écorce d’un arbre, c’est un produit naturel. Il est mélangé à de l’alcool, rendant la solution inflammable.

Son principe actif met en évidence la présence d’enzymes appelées phénoloxydases. Ce réactif est couramment utilisé, et la teinte obtenue est généralement bleue à turquoise. Par exemple, un obtient une teinte bleue intense sur le stipe de Russula ochroleuca.

Les deux facteurs importants lors de l’utilisation de ce réactif sont la vitesse de réaction et l’intensité. Vous trouverez dans les manuels mycologique des indications précises à observer pour la détermination certaine d’une espèce à tester.

La soude

La molécule active est l’hydroxyde de sodium NaOH, dans de l’eau distillée. C’est une base, donc corrosive. Il ne faut pas l’appliquer sur la peau, et faire attention aussi aux yeux.

Ce réactif est utilisé fréquemment sur les cortinaires. Par exemple, il se créé une coloration noire sur le stipe de Cortinarius semisanguineus.

Le réactif a une conservation moyenne, car la soude réagit avec le gaz carbonique de l’air, donnant un précipité de carbonate de sodium sou forme de cristaux blanchâtres. il convient donc de refermer rapidement le flacon après utilisation, pour éviter au maximum le contact avec l’air.

Le sulfate de fer

Ce réactif peut se présenter sous la forme de cristaux à gratter sur le champignon, ou, comme dans notre kit, en solution aqueuse.

La molécule en jeu dans ce réactif est le sulfate ferreux Fe2SO4

On utilise fréquemment ce réactif sur les russules, la coloration vire par exemple lentement au vert sombre sur la chair de Russula nigricans.

Le sulfate de fer en solution se conserve peu de temps, l’oxydation des ions Fe2 en Fe3 au contact de l’air provoque une coloration rouille de la solution.

Source d’information : Quelques réactifs en mycologie, de Didier Baar, Champignons-passion.

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